Poule qui mange ses œufs : pourquoi et que faire
Le Portier des Poules
Vous trouvez des coquilles vides dans le pondoir, du jaune séché sur la paille, et de moins en moins d’œufs à ramasser ? Une poule qui mange ses œufs, ou ceux de ses compagnes, est un comportement assez répandu. Il commence souvent par accident, puis devient une habitude. Bonne nouvelle : en comprenant pourquoi il apparaît, on peut le plus souvent y mettre fin. Voici les causes les plus fréquentes et les gestes qui fonctionnent.
Comment l’habitude s’installe
Tout part en général d’un œuf cassé. Une coquille se fêle sous le poids d’une poule, l’intérieur se répand, et une poule goûte. Le contenu de l’œuf est riche, elle y prend goût. La fois suivante, elle n’attend plus qu’un œuf se casse : elle le perce elle-même à coups de bec.
Plus l’habitude dure, plus elle est difficile à faire disparaître. Il vaut donc mieux réagir dès les premiers œufs abîmés, sans attendre que le comportement se généralise.
Les causes les plus fréquentes
Des coquilles trop fragiles
Une coquille fine casse au moindre choc, et chaque œuf cassé est une occasion de goûter. La solidité de la coquille dépend en bonne partie de l’apport en calcium. Une alimentation adaptée aux pondeuses, complétée par des coquilles d’huîtres broyées laissées en libre-service dans une petite mangeoire à part, permet à chaque poule de prendre ce dont elle a besoin. Si les coquilles restent molles malgré cela, demandez conseil à un vétérinaire.
Un pondoir trop éclairé
Les poules aiment pondre dans un endroit sombre et calme. Un nid baigné de lumière met l’œuf bien en vue, et un œuf bien visible attire les coups de bec.
Trop peu de pondoirs
Quand les nids manquent, les poules se bousculent, attendent leur tour, pondent à plusieurs au même endroit. Les œufs s’entassent et se cassent. On compte habituellement un pondoir pour quatre ou cinq poules.
Des œufs laissés trop longtemps
Un œuf qui reste des heures dans le nid finit par être piétiné, poussé, picoré par curiosité. Plus il reste longtemps, plus le risque augmente.
L’ennui ou le manque de place
Des poules à l’étroit, enfermées longtemps ou sans rien à gratter cherchent de quoi s’occuper. Picorer un œuf devient une distraction parmi d’autres.
L’imitation dans le groupe
Les poules s’observent et s’imitent. Une seule poule qui a pris l’habitude peut l’apprendre aux autres en quelques semaines. C’est ce qui rend une réaction rapide si utile.
Ramasser souvent
Le premier geste est aussi le plus simple : ne laissez pas les œufs à portée de bec. Ramassez-les plusieurs fois par jour pendant la période où le problème se manifeste, par exemple en milieu de matinée, en début d’après-midi et en fin de journée. Moins un œuf reste dans le nid, moins il a de chances d’être percé.
Retirez aussi sans attendre tout œuf cassé, ainsi que la paille souillée de jaune. L’odeur et le goût entretiennent l’habitude.
Des pondoirs dans la pénombre
Rendez les nids moins visibles et plus intimes :
- déplacez les pondoirs dans le coin le plus sombre du poulailler ;
- accrochez un petit rideau de tissu à l’entrée de chaque nid, fendu en bandes pour que la poule puisse passer ;
- ajoutez des pondoirs s’il en manque, pour respecter environ un nid pour quatre ou cinq poules ;
- garnissez-les d’une litière épaisse qui amortit la chute de l’œuf.
Les faux œufs et les pondoirs à œufs roulants
Les faux œufs sont une astuce ancienne et efficace. Placez dans chaque nid un œuf en céramique, en bois ou une balle de golf. La poule qui donne un coup de bec tombe sur une surface dure, sans rien à manger. Après quelques essais décevants, beaucoup se lassent. Ces leurres incitent aussi les poules à pondre au bon endroit.
Si le problème persiste, le pondoir à œufs roulants règle la question autrement : son fond est légèrement incliné et l’œuf roule, juste après la ponte, dans un compartiment fermé hors d’atteinte. Vous trouverez de quoi équiper le poulailler parmi nos accessoires.
Enrichir l’enclos
Des poules occupées ont moins de raisons de s’en prendre aux œufs. Quelques aménagements simples aident beaucoup :
- des perchoirs à plusieurs hauteurs, dans l’abri et dans l’enclos ;
- un coin de grattage, avec des feuilles mortes, de la paille ou une poignée de grains éparpillés ;
- un bain de poussière, terre sèche et fine à l’abri de la pluie ;
- des légumes suspendus, à picorer pendant les journées passées à l’intérieur.
Pensez aussi au coin repas. Une nourriture et une eau toujours disponibles, installées à l’écart des pondoirs, évitent que les poules cherchent ailleurs de quoi se nourrir. Notre lot mangeoire et abreuvoir permet d’aménager ce coin propre, loin des nids.
Repérer la coupable
Dans bien des cas, une seule poule est à l’origine du problème, au moins au début. Pour la trouver, observez les becs : une poule qui vient de manger un œuf garde souvent des traces de jaune sur le bec ou sur les plumes autour de la tête. Vous pouvez aussi surveiller discrètement les nids en début de matinée.
Une fois la poule repérée, isolez-la quelques jours dans un espace à part, avec son propre nid garni d’un faux œuf. Cela coupe la transmission aux autres et lui laisse le temps de perdre l’habitude. Si celle-ci revient malgré tout, il faudra peut-être envisager une solution plus durable pour protéger le reste du groupe.
En résumé
Une poule qui mange ses œufs n’est pas une fatalité. Renforcez les coquilles grâce au calcium en libre-service, ramassez souvent, mettez les nids dans la pénombre et en nombre suffisant, utilisez des faux œufs, occupez vos poules et repérez la coupable. En combinant ces gestes, l’habitude disparaît le plus souvent en quelques semaines. Pour d’autres réponses sur le quotidien du poulailler, consultez nos questions fréquentes.